Les avancées scientifiques.

                   A l’approche de cette fin d’année, les perspectives d’une bonne récolte de melano, sont bien compromises par les conditions climatiques d’une fin de printemps et par un été horriblement sec et parfois venteux. !! Même si les chanceux qui peuvent irriguer, sauveront peut être une partie de leur récolte, nous savons tous que rien ne vaut des conditions naturelles. !

         Les recherches et les expérimentations, concernant les conditions de formation des précieux tubercules, depuis toujours considérée par beaucoup comme un véritable mystère font l’objet d’investigations approfondies et apportent, a petits pas des avancées significatives, même si elles ne sont pas toujours spectaculaires pour les impatients que nous sommes à réussir cette aventure passionnante et décevante à la fois.

         Il semble néanmoins que le « décryptage génétique », ayant fait l’objet, sous forme de coopération internationale durant cinq années, entre la France et l’Italie, d’une avancée importante dans la compréhension des phénomènes liés à la formation des précieux tubercules.
         « Le trufficulteur », journal périodique d’information sur la trufficulture, fait régulièrement état de ces avancées scientifiques, qu’il importe pour beaucoup d’entre nous, de vulgariser et de commenter ; Quelquefois avec des informations issues d’investigations personnelles susceptibles de conforter et de mieux comprendre ce qu’il y a d’effectivement nouveau et prometteur.

         Il est vraisemblable que c’est la caractère « hétérothallique » de notre truffe (et également d’autres champignons mycorhiziens) qui permet de mieux comprendre les phénomènes de reproduction .
Définitions sommaires :
« L’homothallisme » est la caractère qui permet la reproduction à partir de cellules provenant d’un seul individu.
« L’hétérothallisme » implique la présence de cellules provenant d’individus différents.

         C’est ce caractère qui est défini par l’article publié par nos chercheurs dans le N° 73. du « Trufficulteur »
« En fait, il faut savoir que la reproduction sexuée chez les champignons ascomycètes bipolaires, comme les truffes est commandée par deux gènes appelés MAT1-1 et MAT1-2………………pour une espèce hétérothallique un seul gène est retrouvé dans un génome, l’autre gène étant présent dans le génome d’un autre individu ; Alors que pour une espèce homothalique, les deux gènes sont présents dans le même génome. »
Il existe donc deux mycélium, de types sexuels différents et compatibles dont la rencontre est indispensable, pour aboutir à une forme de reproduction sexuée.
         C’est à partir de cette découverte fondamentale que l’on peut mieux comprendre la stérilité, jusqu’à présent mystérieuse, de certains arbres, (convenablement mycorhizés à l’analyse classique) qui « brûlent » toute leur vie, sans jamais produire, car la présence des mycélium des deux types différents fait défaut.
Ce même article du journal fait état de la recherche, dans les sols truffiers et dans les substrats des plants inoculés, où la présence des deux mycélium a tendance à disparaître rapidement; Cette recherche est complexe et nécessite des moyens importants ; C’est un peu le but du programme « Systruff », en cours à MONTPELLIER, dont les résultats seront présentés à l’automne 2013.

Pour bien comprendre cette analyse ;

         Il est nécessaire de remonter au N° 66 du « Trufficulteur ».

En effet, l’article « Le sexe caché des truffes » proposé par les chercheurs Français et Italiens, qui ont largement participé au décryptage du génome peut être considéré comme une avancée scientifique fondamentale. Mais sa compréhension est difficile si l’on n’a pas de connaissances assez avancées des termes scientifiques utilisés.
         Heureusement que l’infatigable animateur de la trufficulture, dans le GARD et la région, qu’est Jean DEMERSON, ingénieur chimiste et pédagogue affirmé, a vulgarisé ces découvertes, dans un autre article sur la Biennale d’UZÈS, auquel nous nous référons, pour un peu simplifier les analyses.

         De nombreux travaux, sur le terrain, ont eu lieu pour rechercher la présence simultanée des deux types de mycélium, engendrés par des mycorhizes de sexe différents, nécessaires et indispensables à la production des primordia (truffettes).
Cette carte de représentation des deux polarités, montre des zones de répartition très inégales et souvent fort éloignées les unes des autres et qui s’accentuent avec le temps, jusqu’à disparaître.
Il faut se souvenir que le rôle des mycorhizes est de conserver le champignon pendant la saison froide. Mais en hiver, les filaments mycéliens ne disparaissent pas pour autant.
En effet, contrairement à ce que l’on pensait, la truffe n’assure pas sa croissance de manière autonome ; Mais ses besoins nutritifs  en carbone et azote en particulier, impliquent une liaison, jusqu’à maturité pour le transfert de certains élément provenant essentiellement de la photosynthèse avec l’arbre hôte.

Comment maintenir ou apporter dans le sol, les deux mycélium susceptibles de fructifier ??
       Il semble que le secret soit lié au problème de la germination des spores.
On pouvait s’en douter, car pendant de nombreuses années, on a tenté vainement de provoquer cette germination artificiellement en laboratoire.
Les deux types de polarité nécessaires sont forcément contenues dans les spores, soit d’une même truffes, soit de deux truffes différentes, pour la conservation de l’espèce ; Et aussi dans les mycorhizes.
         Les conditions de germination, dans le sol, restent encore inexpliquées.

Pourtant, le N° 74 du « Trufficulteur » (début 2011) nous montre en 1° page, les photos de nombreuses spores germées. !!!
      
       Ces photos exceptionnelles, sont obtenues par deux membres du syndicat des trufficulteurs du TARN. Qui sont Annie GUILLEN et Fabien GARCÉS. Qui précisent dans cet article : «  Nous sommes des passionnés de la truffe. Comme tous, nous tentons de leur arracher quelques secrets. Il semble que ces grandes Dames aient bien voulu nous en confier quelques-uns……… « 

         Plus récemment ( N°79), de nouvelles photos, encore plus exceptionnelles sont présentées, avec quelques commentaires. 
Nous pouvons comprendre que la méthode, à présent reproductible, ne soit pas divulguée .
       Néanmoins, ces personnes que nous avons contacté et rencontré, ont eu l’amabilité de nous confier des fichiers de photos et de nous permettre d’en faire usage. Merci à ces valeureux confrères, qui à notre avis sont sur le point d’apporter à la trufficulture une avancée qui fait un « pied de nez » à la recherche. !!

Conséquences possibles de cette découverte.

       Nous savons, par ce qui précède, qu’au moins l’un des deux types de mycélium indispensable est issu des spores.
C’est aussi pour cela que la recherche préconise un apport de spores sur les brûlés stériles, (jeunes de préférence) en espérant que dame nature, (les composants d’un sol favorable en particulier) daigne les inciter à germer, pour maintenir les deux mycélium en présence et en abondance.
         Les conditions de fructification impliquent la fusion des deux mycélium pour initier les primordia.
         Fait extraordinaire, à notre avis ; L’une des photos de spores germées, montre la fusion de deux filaments issus de deux spores différentes. Or on sait que cette fusion est nécessaire pour aboutir à un mycélium capable de fructifier.
         Imaginons que l’on puisse cultiver, en laboratoire, ce mycélium en abondance et que l ‘on puisse l’apporter dans sol, sur un brûlé existant. (toutes conditions favorables réunies par ailleurs).
         C’est la raison pour laquelle nous pensons que ces deux personnes, ont peut être découvert une astuce permettant de compenser un paramètre inconnu, (caché vraisemblablement dans le sol) ; Une sorte de clef du dédale de reproduction de la grande dame en noir. !!!
Merci encore à eux pour les fichiers des images confiées.

Affaire à suivre avec attention.

                    Aimé RICHAUD.   Retraité du CNRS.    Novembre 2012

 

retour au sommaire recherche

 

        

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

retour haut de page
logo association 

  Site cr�� par RF pour:
  Association des trufficulteurs de Haute-Provence,
  Maison du Patrimoine, 04300 MANE.

  Nous écrire : [email protected]

  Tous droits réservés.